Comment utiliser les livres magnétiques pour stimuler le langage : favoriser les demandes chez l’enfant

Des idées concrètes (et efficaces) pour encourager les demandes, la communication et les premières phrases — sans transformer la lecture en interrogatoire.

Votre enfant a de la difficulté à faire des demandes? Vous avez parfois l’impression de ne pas comprendre ce qu’il veut et que cela se termine en cris ou en pleurs? Cela lui occasionne des frustrations et vous fait vous sentir impuissant? 

Si oui, vous n’êtes pas seul. Bonne nouvelle : il existe des façons simples, naturelles et ludiques de transformer ces moments de frustration en véritables occasions de communication, et c’est ce que vous permettent les livres magnétiques de Symbolicone.

Stimuler les demandes : Quand les aimants deviennent une raison de communiquer

Créer un VRAI besoin de parler (ou de se faire comprendre)

Pour stimuler une demande, il faut d’abord créer une véritable opportunité de faire une demande dans laquelle l’enfant désire réellement obtenir l’objet. C’est ce que les aimants nous permettent de faire en les donnant à l’enfant sur demande, qu’elle soit verbale ou non verbale, selon le niveau de l’enfant.

Comment mettre l’activité en place

1.   Le livre est donné à l’enfant, replié sur lui-même, de façon à ne montrer qu’une seule page à la fois (pour aider l’enfant à rester concentré sur la page en cours).

2.   L’adulte conserve les pictogrammes.

3.   On commence par le premier pictogramme de la phrase (le sujet).

4.     L’adulte prend le pictogramme, le place près de sa bouche et nomme clairement le mot auquel il correspond (ex. : « le CHIEN »), tout en le gardant hors de portée de l’enfant.

5.     À ce moment-là, on attend. Il est important d’attendre au moins cinq longues secondes. Le cerveau de l’enfant a besoin de plus de temps pour traiter l’information, planifier sa réponse et initier une demande.

6.     On ne donne pas immédiatement le pictogramme : on laisse à l’enfant l’occasion et le temps de faire une demande.

Les différents niveaux de demandes à reconnaître

Selon le profil et le niveau de développement langagier de l’enfant, la demande peut prendre différentes formes :

  • Le regard : chez un enfant non verbal qui ne fait pas encore de gestes intentionnels, le regard peut être la toute première forme de demande à reconnaître et à renforcer.

  • Le pointage : souvent le premier geste de communication intentionnel et symbolique. Combiné à un mot, il devient un tremplin vers les premières combinaisons… de mots.

  • Le geste : tendre la main, ouvrir et fermer la main à répétition, pointer l’intérieur d’une main avec l’index de l’autre main… Les gestes sont souvent des précurseurs du langage oral et demeurent de véritables tentatives de communication.

  • La demande verbale : « veux », « chien », « je veux le chien ».

Toutes ces formes sont valides. L’objectif n’est pas d’exiger un mot ou une phrase parfaite, mais d’abord de créer une interaction intentionnelleagréable entre l’enfant et l’adulte.

Donner, renforcer et modéliser

Dès qu’une demande est formulée (peu importe son niveau), l’adulte :

  1. Donne le pictogramme à l’enfant.

  2. Renforce positivement la demande (expression faciale chaleureuse, intonation positive, contact physique, petit « bravo »). L’important est que l’enfant comprenne qu’il a réussi à se faire comprendre

  3. Fournit un modèle adapté au niveau de l’enfant (voir la section suivante « comment faire progresser les demandes »).

Exemple :

Production de l’enfant : Il pointe le chien.

Reformulation par l’adulte : « Le chien » (en pointant le pictogramme)

L’enfant place ensuite le pictogramme sur le livre. On passe au prochain pictogramme et ainsi de suite…jusqu’à la fin du livre! Ce type d’activité transforme la lecture en un véritable échange. L’enfant ne fait pas que regarder ou écouter : il apprend que communiquer a un impact, que ses gestes, ses regards ou ses mots permettent de faire avancer l’histoire.

Comment faire progresser les demandes

L’objectif est d’accompagner progressivement l’enfant vers des demandes plus élaborées, à son rythme en ajustant notre rétroaction. Si l’enfant produit une demande par :

  • Regard → On modélise le pointage. S’il accepte le toucher, on peut même prendre sa main pour lui montrer comment pointer.

  • Pointage → On ajoute un geste ou un mot. Selon ce que l’enfant préfère, on pourrait par exemple, ouvrir et fermer la main (geste pour « veux ») et ensuite pointer le pictogramme, pour combiner des gestes, ou encore pointer le pictogramme en disant “CHIEN », pour combiner un mot et un geste. 

  • Pointage + mot → On modélise la phrase complète en pointant et en mettant l’emphase sur le verbe. Par exemple, si l’enfant pointe en disant “chien”, l’adulte répond  « tu VEUX le chien! ». On peut même appuyer le mot “veux” avec un geste et pointer le chien en produisant les mots. Attention de ralentir votre débit et de faire des pauses entre les mots pour aider l’enfant à comprendre et apprendre chacun des mots!

  • Petite phrase → On enrichit légèrement en ajoutant des mots. Par exemple, si l’enfant nous dit “veux chien”, on reformule “TU veux LE chien!”, en accentuant les mots qui étaient manquants dans sa phrase. 

Avec le temps, ces petites progressions naturelles permettent souvent de passer du regard au geste, puis du geste au mot, et enfin aux premières petites phrases fonctionnelles, le tout dans un contexte ludique et sécurisant.

On pourrait comparer cela à monter un escalier en tenant l’enfant par la main. Le rôle de l’adulte est de se placer sur la marche suivante pour aider l’enfant à gravir la prochaine marche et non de se placer tout en haut de l’escalier et de lui dire de monter!

S’éloigner du « c’est quoi ça ? » à répétition

Stimuler les demandes permet aussi d’éviter de bombarder l’enfant de questions. Au lieu de répondre passivement, l’enfant agit pour se faire comprendre, ce qui favorise une communication plus authentique et motivante.

En conclusion

Utilisés de cette façon, les livres magnétiques deviennent de véritables outils d’interaction et de développement du langage. Ils aident l’enfant à comprendre que communiquer est utile, efficace et valorisant. Et souvent, c’est dans ces petits moments répétés, page après page, que naissent les plus grands progrès. (Et non, ça ne nécessite toujours pas de demander « c’est quoi ça? » à chaque image 😉)

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Comment rendre la lecture interactive et stimuler le langage des enfants (0-6 ans)